Salut Zazie.
Je comprends parfaitement ton dégoût, mais rien n'est une fatalité. Nous avons eu l'énorme chance d'avoir comme pasteur, pour le baptème de notre fils, un ami de longue date, très cool, de notre âge, avec qui on a fait les 400 coups en montagne et ailleurs. C'est aussi lui qui nous avait mariés, quand bien même nous sommes tous deux officiellement catholiques.
Si le baptème de notre fils s'est bien passé sous une croix, c'était une croix au sommet d'une montagne vertigineuse... j'en ai un souvenir très fort, et je rêve du jour où je monterais sur ce sommet avec mon fils pour lui montrer "c'est là". La vue est tellement impressionante que l'on se sent très petit, très humble. On est tellement séparé du monde cahotique de nos ville que l'humanité et la nature y reprennent leurs droits. Et voir une croix, si haute perchée, sur un sommet, pousse à la réflexion. Au nom de quoi des hommes ont-ils eu la force de gravir une montagne avec un tel poids sur le dos et les outils pour l'y instaler ? Et cette croix immense, au sommet du plus haut sommet le plus visible, mais que l'on ne voit évidemment pas depuis la plaine, que nous dit-elle sur les valeurs chrétiennes ? J'y vois le symbole de notre culture actuelle. Nous vivons dans une culture judéo chrétienne, mais n'en sommes souvent pas conscients. Mais des signes sont là, dicrets, qui nous attendent, pour nous rappeler, si nous voulons bien nous arrêter un instant et les observer, le message philosophique humaniste et d'amour de la Bible.
Concrètement, nous avons du pas mal négocier pour pouvoir faire ce baptème. Notre ami étant hors de sa paroisse, il devait donc obtenir l'autorisation de son confrère. Nous voulions aussi respecter les rythes, et ne pas transformer ce sacrement en "gaudriolle". Les resctrictions dont je me souviens sont les suivantes:
- le baptème doit être public, puisque c'est l'acceuil de l'enfant dans la communauté des chrétiens. Etant dehors, nous étions ouvert à la présence possible d'autres marcheurs. Nous en aurions même été touchés.
- le baptème doit être fait par une personne reconnue par la communauté pour le faire, pasteur ou non.
- une formule minimale "je te baptise au nom du Père..." doit être dite et un signe de croix fait avec de l'eau.
- les parents doivent normalement s'engager à donner une éducation chrétienne à leur enfant, ce qui ne veut pas dire forcément lui faire faire du catéchisme. Nous nous sommes engagés à lui parler de l'histoire de notre peuple et des origines de nos valeurs. Nous avons également la volonté de l'élever dans le respect de l'autre, de la vie humaine et de soi-même, ce qui nous parait, et a paru à notre ami, plus important que de faire annoner des prières souvent crétines sans réflexion ni foi.
Par contre, aucune obligation de vétement, d'endroit ou de quantité pour l'eau. Au sommet de la montagne, notre formule était: veste Gore-Tex pour tous, combi de ski pour Calvin, petite goute de l'eau du lac de montagne puisée durant l'assension sur la tête, deux textes et petits discours des parents et parrain marraine, puis remise des cierges. La signature des papiers s'est faite en urgence sur le parking, en fin de soirée, parce qu'on avait oublié de le faire durant le souper dans le restaurant d'alpage ;)
J'espère que ce témoignage vous donnera quelques idées, et qu'il vous prouvera surtout que l'on peut avoir des croyances sans pour autant être un vieux prêtre obtu, autoritaire, sénile, enuyeux ou ringard. Psoez des questions, remettez en question, discutez, résistez. Un prêtre n'est rien. Il est juste sensé être plus instruit. Il n'a aucun pouvoir, et surtout pas celui de refuser le baptème à quelqu'un qui le lui demande.
N'oubliez pas non plus que le baptème n'est pas obligatoire. On peut avoir des parrains et marraines sans être baptisé. Beacoup de pasteurs recommandent même d'attendre que l'enfant demande de lui-même le baptème pour le faire (donc vers 7 ans). Qu'est-ce qu'un baptème fait avec un prêtre comme tu le décris vous amènerait-il ? Vous pouvez très bien faire une fête pour vous réjouir en famille de la naissance de votre enfant et de l'institution des parrains dans leur rôle sans pour autant passer à l'église. Si vous n'êtes pas convaincus, soyez conséquent avec vous-mêmes. Exigez un baptème qui vous corresponde, ou ne le baptisez pas !
Amicalement,
